Sulaymân b. Surad al-Khuzâ’î

Sulaymân b. Surad al-Khuzâ’î
Nom(s) Sulaymân b. Surad al-Khuzâ’î
Surnom(s) Abû Mutarraf
Naissance La Mecque
Martyre 65 H
Ayn al-Warda
Pays de résidence La Mecque, Koufa
Âge 93 ans
Famille
Père Jawn

Informations religieuses
Rôles importants

Les successeurs du Prophète (s)

Sulaymân b. Surad al-Khuzâ’î (en arabe : سليمان بن صُرد الخُزاعي) fut un des chefs Arabes, un des chiites de Koufa et un des compagnons du Prophète (s), de l’Imam Ali (a), de l’Imam al-Hasan al-Mujtabâ (a) et de l’Imam al-Husayn (a).

A l’époque de l’Imam Ali (a), il participa à certaines batailles à côté de l’Imam (a). A l’époque de l’Imam al-Hasan al-Mujtabâ (a), il fut un des chefs chiites de Koufa, mais il fut contre le traité de paix que l’Imam al-Hasan al-Mujtabâ (a) signa avec Muawiya. Les premières lettres invitants l’Imam al-Husayn (a) à Koufa, furent écrites par Sulaymân, mais il ne fut pas présent à Karbala.

Les historiens ont avancé plusieurs raisons pour son absence à Karbala. Après le martyre de l’Imam al-Husayn (a), Sulaymân b. Surad dirigea les Tawwâbûn à se soulever contre les assassins de l’Imam (a). Enfin, il fut tué au cours de la révolte des Tawwâbûn en l’an 65 H.

Sommaire

Généalogie

Son père s’appelait Jawn et fut de la tribu Khuzâ’a.[1]

Naissance

Sulaymân b. Surad naquit à La Mecque. Dans les sources historiques, la date de sa naissance n’est pas cité, mais du fait qu’il soit tombé en martyre en l’an 65 H et à l’âge de 93 ans, il devrait naître 5 ans avant le début de la prophétie du Prophète Muhammad (s).[2]

Nom et surnom

A l’époque antéislamique, il s’appelait Yasâr. Après s’être converti à l’islam, le Prophète (s) lui donna le nom de Sulaymân.

D’après certains rapports, on lui avait donné le surnom de « Abû Mutarraf ».[3][4]

Caractéristiques

Il est estimé par les ulémas chiites et sunnites. Il est rapporté qu’il fut un homme vieux bienfaisant, adorateur d’Allah, avec un statut élevé parmi les gens de sa tribu.[5]

A l’époque du Prophète (s)

Fadl b. Shâdhân considéra Sulaymân b. Surad comme un Tâbi’î (l’élève des compagnons du Prophète (s)), mais d’après les sources sunnites, il fut lui-même, un compagnons du Prophète (s).

Parmi les chiites, Cheikh at-Tûsî considéra Sulaymân comme un Sahâbîyy (compagnons du Prophète (s)).[6]

A l’époque de l’Imam Ali (a)

Pendant le Califat de l’Imam Ali (a), Sulaymân b. Surad habitait à Koufa dans la tribu de Khuzâ’a.[7][8]

D’après une lettre de l’Imam Ali (a) à Sulaymân, ce dernier fut le représentant de l’Imam dans la région de Jabal.[9]

Au cours de la bataille de Siffîn, Sulaymân fut le commandeur de l'aile droite de l’armée de l’Imam (a).[10]

D’après certains rapports, il ne participa pas à la bataille de Jamal et l’Imam Ali (a) le blâma.[11]

A l'époque de l’Imam Hasan (a)

D’après les sources, après le traité de paix de l’Imam al-Hasan (a) avec Muawiya, Sulaymân rencontra l’Imam et lui transmit son opposition avec le pacte de paix. L’Imam al-Hasan (a) lui aurait répondu :

« Vous êtes parmi nos chiites et ceux qui nous aiment … Allah est témoin que ce que j’ai fait, ne fut que pour éviter de couler les sangs. Soyez donc, satisfait de la volonté divine ».[12]

Après la réponse de l’Imam al-Hasan (a), Sulaymân alla auprès de l’Imam al-Husayn (a) et lui dit la même chose, mais l’Imam al-Husayn (a) le conseilla de respecter le traité de paix.[13]

A l’époque de l’Imam Husayn (a)

Lettre à l’Imam al-Husayn (a)

Après la mort de Muawiya, lorsque les chiites de Koufa virent que l’Imam al-Husayn (a) ne prêta pas le serment d’allégeance avec Yazid 1e, ils se réunirent chez Sulaymân b. Surad al-Khuzâ’î, écrivirent deux lettres et les envoyèrent à l’Imam al-Husayn (a), lui disant qu’ils étaient prêts à faire le serment d’allégeance avec lui.[14]

Avant d’écrire les lettres, Sulaymân dit aux présents :

« Muawiya est mort et l’Imam al-Husayn (a) s’est rendu à La Mecque. Vous êtes de ses chiites et ceux de son père. Secourez-le donc et combattez ses ennemis ».[15]

Absence à la bataille de Karbala

Article connexe : tragédie de Karbala.

Sulaymân b. Surad ne participa pas à l’événement de Karbala. Il y a beaucoup d’hypothèses sur la raison son absence au jour d’Achoura. Certains croient que Sulaymân et certains des chefs chiites de Koufa furent en prison par l’ordre de ‘Ubayd Allah b. Zîyâd, mais il n’y a aucun rapport qui prouve cette idée.

D’après d’autres, du fait que ‘Ubayd Allah b. Zîyâd avait fermé toutes les portes de Koufa et ne permettait à personne de sortir de la ville, il était impossible que Sulaymân et les autres chiites aient pu joindre l’Imam al-Husayn (a) à Karbala.[16]

Pourtant certains chiites de Koufa sortirent de la ville et joignirent l’Imam à Karbala, c’est pourquoi il y a des chercheurs qui ne considèrent pas l’idée ci-dessus, comme valable.[17]

Certains historiens croient que les gens de Koufa n’étaient pas très forts dans leur foi et ce fut pour cette raison que des personnes comme Sulaymân ne purent pas prendre la décision de rejoindre l’Imam al-Husayn (a). Les rapports qui décrivent le regret des Tawwâbûn, prouvent cette idée.[18]

En se basant sur l’idée ci-dessus, certains chercheurs ne considèrent pas Sulaymân et ses partisans comme des vrais chiites.[19]

Il y a encore des signes qui renforcent l’idée, arguant que Sulaymân n’avait pas une foi forte, comme :

Soulèvement des Tawwâbûn

Article connexe : Soulèvement des Tawwâbûn.

Après l’événement de Karbala et le martyre de l’Imam al-Husayn (a), Sulaymân prépara son armée pour venger la mort de l’Imam al-Husayn (a) de ses assassins. En l’an 65 H, ils se soulevèrent contre l’armée de Umar b. Sa’d.[20]

Martyre

Au cours du soulèvement des Tawwâbûn dans un endroit nommé ‘Ayn al-Warda, Sulaymân tomba en martyre par Yazîd b. Husayn. Il est dit qu’aux derniers moments de sa vie, lorsqu’on le frappa par une lance, il aurait dit :

« Par Dieu de la Kaaba, je suis devenu heureux ».[21]

Il tomba en martyre à l’âge de 93 ans.[22] Au cours de la bataille de Siffîn, l’Imam Ali (a) lui avait dit :

« Tu es parmi ceux qui attendent le martyre et qui ne changent jamais leur pacte et alliance ».[23]

Voir aussi

Références

  1. Ibn Abd al-Birr, Al-Istî’âb, v 2 p 649
  2. Ibn Sa’d, At-Tabaqât al-Kubrâ, v 6 p 26
  3. Ibn Athîr, Usd al-Ghâba, v 2 p 351
  4. Ibn Sa’d, At-Tabaqât al-Kubrâ, v 4 p 292
  5. Khatîb al-Baghdâdî, Târîkh Baghdâd, v 1 p 215
  6. Cheikh at-Tûsî, Rijâl, p 94
  7. Ibn Sa’d, At-Tabaqât al-Kubrâ, v 6 p 25
  8. Ibn Athîr, Usd al-Ghâba, v 2 p 351
  9. Balâdhurî, Ansâb al-Ashrâf, p 166
  10. Nasr b. Muzâhim, Waq’at Siffîn, p 205
  11. Nasr b. Muzâhim, Waq’at Siffîn, p 6
  12. Ibn Qutayba, Al-Imâma wa as-Sîyâsa, v 1 p 141
  13. Ibn Qutayba, Al-Imâma wa as-Sîyâsa, v 1 p 142
  14. Ibn A’tham, Al-Futûh, v 5 p 27 - 30
  15. Al-‘Allâma al-Majlisî, Bihâr al-Anwâr, v 44 p 332
  16. Ja’farî, Tashayyu’ dar Masîr Târîkh, p 234 - 235
  17. Ja’farîyân, Târîkh Sîyâsî Islam, v 2 p 494
  18. Ja’farîyân, Târîkh Sîyâsî Islam, v 2 p 580 - 581
  19. Zargarî Nizhâd, Nihzât Imam Husayn (a) wa Qîyâm Karbala, p 276 - 277
  20. Ibn Athîr, Al-Kâmil fi at-Târîkh, v 4 p 160
  21. Ibn Athîr, Al-Bidâya wa an-Nihâya, v 8 p 279
  22. Ibn Sa’d, At-Tabaqât al-Kubrâ, v 6 p 26
  23. Nasr b. Muzâhim, Waq’at Siffîn, p 519